Il y a 50 ans, une ligue américaine en Europe : un fiasco
2 min read
« Le basket-ball professionnel américain s’est étendu à l’étranger ce soir », pouvait-on lire dans le New York Times du 18 janvier 1975. « Trente pom-pom girls américaines, l’armée américaine et une équipe de télévision américaine étaient présentes pour saluer cette nouvelle aventure. Les Allemands, du moins pour une soirée, n’étaient pas si curieux. »
Et le prestigieux quotidien de souligner que moins de 500 spectateurs avaient pris place dans une Halle de Munich de 6 000 places, vestige des Jeux olympiques de 1972. Lors de ce match d’ouverture de l’EPBL, les Munich Eagles, emmenés par Larry Jones, s’imposèrent aux Israël Sabras, 96-91.
Les équipes de l’EPBL étaient composées exclusivement du surplus américain. La plupart des joueurs étaient des anciens de la NBA et de l’ABA (American Basketball Association) qui était alors sa concurrente, tels Larry Jones, un guard titulaire avec Philadelphie la saison précédente, Eddie Mast, ancien pivot réserviste des New York Knicks, Elnardo Webster, passé par les New York Nets et Joe Ellis des Golden State Warriors. Bob Rosier était le plus grand de tous avec ses 2,23 m. Des noms parfaitement inconnus des fans de basket en Europe.
Le niveau de jeu ? Jean-Jacques Maléval, le pionnier en France des journalistes du basket made-in-USA en fit ce descriptif : « Les défenses sont extrêmement rugueuses et vigilantes ; c’est à la limite de l’attaque à mains armées. Malgré cette pression défensive, les attaques restent très spectaculaires. On est prêt à mettre sa vie en jeu pour un panier. Les arbitres sifflent peu les contacts, sauf en cas de tentative de shoot. Dans un tel contexte, une équipe européenne risquerait fort d’être balayée et pourrait difficilement suivre le rythme de la partie. »
Tous les joueurs étaient Américains, sauf un Belge, le meilleur d’entre-eux, Willy Steveniers, 35 ans, désigné en 1967 comme le numéro 1 d’Europe. Le Flamand accepta alors de se défaire de son statut de « joueur amateur » pour toucher entre 12 et 30 000 dollars – soit entre 70 000 et 175 000 dollars d’aujourd’hui -, la fourchette des salaires aux Belgium Lions, selon leur general manager Les Patrick. Mais très vite Steveniers va faire la tête, incrédule devant le temps de jeu réduit que lui offrait son coach. « Comme beaucoup d’Européens, sa technique fondamentale n’est pas suffisante. De plus, il défend mal et prend trop de fautes. En attaque, Willy est certes très fort avec la balle mais il doit apprendre encore à jouer sans le ballon », commenta à L’Equipe Basket Magazine, l’assistant GM, Simon Sirmeus.